Vous ne l'aurez pas manqué, jeudi a été libérée la politicienne franco-colombienne Ingrid Bétancourt, otage de la guerilla FARC depuis six ans.
Si vous avez suivi l'évènement sur France 2, vous aurez pu constater qu'on était bien en place pour couvrir l'évènement puisqu'on a même obtenu une interview de l'ex-otage en direct depuis l'ambassade de France dans le 20h... Eh bien, sachez qu'en coulisses, tout n'a pas été aussi simple et que cette réussite est dûe en bonne partie à... nous!
Premier point: j'étais tout seul au bureau quand on a appris la nouvelle. Dès lors, ça a un peu été le rush, pace que les images provenant en direct de la colombie devaient passer par nos bureaux pour arriver à Paris. La régie m'a donc appelé pour que je demande à EBU (cf. un des premiers articles pour le rappel que ce qu'est EBU) de commuter un certain canal, AldeaVision, vers eux. Bon, j'avoue, je n'ai pas dû servir à grand-chose, je crois qu'ils se sont contactés directement pour mettre ça au point, mais c'est en tout cas par chez nous que sont passées les images que vous avez reçues en direct.
Pendant ce temps, Alain, qui était alors en tournage en Louisiane, est appelé en urgence par la rédaction qui craint que la journaliste qu'ils sont en train de dépêcher sur place, Dorothée Olliéric, n'arrive trop tard. Il doit donc partir de la Louisiane directement pour Bogota avec Marjolaine dans ses valises.
Finalement, Mme. Olliéric aura réussi à prendre l'avion qui emmenait les enfants Bétancourt ainsi que Bernard Kouchner en Colombie. Elle est donc arrivée à temps et Alain aura été envoyé sur place... pour rien. Pour rien? Presque...
Oui, si vous avez suivi le 20h de France 2 du lendemain, vous avez en effet pu voir en fin de journal une longue interview en direct d'Ingrid Bétancourt. Figurez-vous que vous n'auriez pas dû la voir parce que le faisceau devait passer sur TF1 juste avant (en effet, chaque chaîne n'a pas sa propre liaison vers sa régie dans ce genre de situation, cela passe par du matériel local qu'il faut donc partager) sauf que c'est... Marjolaine qui, dans le car-régie colombien présent sur place, a eu la présence d'esprit de dire avec beaucoup d'autorité qu'il ne fallait pas basculer le faisceau vers nos aimés concurrents. Le personnel local ne s'est pas posé de question et c'est ainsi que vous avez pu avoir en direct cette interview exclusive... Merci qui?
PS: il faut tout de même préciser que France 2 avait les 20 premières minutes du faisceau (de 20h à 20h20 heure française) et TF1 les 20 suivantes. Et si TF1 s'est "fait avoir", c'est en grande partie de leur faute puisque pour nous empêcher d'avoir Bétancourt pendant qu'on disposait du faisceau, ils se sont empressés de l'appeler au téléphone (en direct dans leur 20h, donc) pendant les fameuses vingt premières minutes (ce qui n'est pas très fair-play, vous l'avouerez). Leur coup de téléphone s'est terminé quelques trente secondes avant que le faisceau bascule vers eux (et ils n'en avaient alors plus besoin puisqu'ils avaient fait leur interview par téléphone). Finalement, c'était beaucoup plus intéressant pour nous puisque plus que sa voix et ses propos, ce sont ses expressions et son regard qui comptaient à ce moment-là. TF1 a été pris à son propre jeu...


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